À l'affiche cette semaine dans le rap indépendant français, Kanak sort son nouvel album, accompagné du clip de « Otto Rehhagel », déjà repéré par ses premiers auditeurs. Quinze ans de carrière et toujours la même volonté : raconter, sans filtre, ce que la vie a de plus brut.
Kanak se revendique liriciste avant tout : du vocabulaire travaillé au quotidien, des mots glanés dans les conversations et parfois même dans le dictionnaire, pour donner à chaque phrase un sens qui dépasse la simple rime. Le rap conscient reste sa colonne vertébrale, mais modernisé, teinté de trap et de gotrip, pour ne jamais sonner daté.
Des références qui ne trompent pas
On sent chez lui l'empreinte de la Scred Connexion, de Fab l'Impertinent, et surtout de Ideal J pour la construction des textes. Des noms qui pèsent, et qui expliquent cette exigence d'écriture qu'on retrouve à chaque morceau de l'album.
« Un jour, je serai roi dans la légende. Un jour, je serai moi. »
« Otto Rehhagel », le clip qui marque les esprits
Extrait phare de l’album, le clip de « Otto Rehhagel » illustre parfaitement la démarche de l'artiste : une image soignée, presque clean, qui contraste volontairement avec la noirceur du propos. C'est cette tension, ce déséquilibre assumé entre le lisse et le torturé, qui fait toute la singularité de Kanak à l'écran comme à l'oreille.
Un regard lucide sur le rap français
Kanak ne cache pas son enthousiasme pour la scène actuelle : jamais autant d'artistes, une vieille garde toujours suivie et une nouvelle génération qui séduit un public plus jeune. Chaque style trouve son public, chaque public trouve son rappeur : pour lui, le rap français n'a jamais été aussi vivant.
Une image au service du propos
Naturellement discret, Kanak aurait aimé que sa musique se suffise à elle-même. Mais il l'assume : aujourd'hui, un rappeur, c'est aussi une image, des choix, un univers à partager. Même avec les moyens du bord, un téléphone et un montage soigné suffisent parfois à raconter une histoire forte.
Coup de cœur : « Reusta » Sur l'ensemble de l'album, un morceau se détache particulièrement : « Reusta ». On y retrouve tout ce qui fait la force de Kanak : le contraste entre un quotidien marqué par la dureté et une ambition qui vise les étoiles, entre les codes du luxe qu'il s'est construit et une mélancolie qui affleure à chaque couplet. Le refrain, lancinant, interroge ce tiraillement permanent entre la haine qui rôde et le besoin d'amour et de reconnaissance. C'est ce grand écart assumé, entre succès affiché et difficultés rencontrées, qui fait de « Reusta » l'un des titres les plus marquants de l'album.
Une équipe resserrée, une passion intacte
Ingénieurs son et caméramans fidèles depuis des années entourent l'artiste, qui reconnaît volontiers gérer encore beaucoup de choses seul. Un choix qui ralentit peut-être sa progression, mais qui garantit une chose essentielle à ses yeux : que chaque projet reste fait avec passion et sincérité. On espère pouvoir réaliser prochainement une interview avec l'artiste pour en savoir encore plus sur lui.
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